Pays
par marronbleu
Je n’ai pas besoin de tendre mes papiers.
L’étranger sait d’où je viens.
J’ai ouvert la bouche.
Mon bonjour porte mes couleurs.
J’en ai honte parfois, quand un regard aigu le réduit à une macule.
Mon accent, porté comme une rouelle.
Et puis non, pensez ce que vous voulez.
Ma langue, sans mon accent, ce serait un doigt frotté au sang.
Un cuir lisse qui ne dirait plus mon empreinte digitale.