Laisser prendre
De la glaise, gâchée
Au terreau, aventurer
Un pied. Attendre.
De la glaise, gâchée
Au terreau, aventurer
Un pied. Attendre.
Me laisser m’arbrer,
Feu vert de la forêt sur
Mes paumes adoubées.
Un octobre d’érables, de feuilles-bougies en incendie, le feu sur ces vénérables, et la pluie qui cire et panse leurs têtes rougies.
Juste une nuit.
Être de l’essence que j’aurai choisie.
Laisser ma chair tomber à ses pieds.
Attendre du marronnier qu’il me tende sa sève, son aubier.
Le laisser ajuster sur mon torse son écorce, tendre un pied, un cothurne de racines se tresse et se noue sous mon genou.
Mon buste cède et craque, le bois d’un tronc, un enchevêtrement
de côtes, de branches, de bras tendus vers les cieux comme ceux d’un chandelier. Je ne respire plus, je bruisse, sur ma peau un champ d’écailles, le derme de mes feuilles qui poussent.
Jusqu’aux premiers oiseaux qui se posent sur le bout de mes doigts, et qui de leur bec, signent sur mes bras, une petite croix, l’onction d’un chrême, mon baptême du fond des bois.
Laissez-moi un coin
De racines, où me nouer,
Demain, me lever,