Pattes de mouche
par marronbleu
Dans la cuisine.
Ils pendent, en tresses.
Ou légers, solitaires de papier.
Les calendriers.
Le vent parfois les soulève, les renverse de leur clou, de leur punaise.
Ils brillent.
La graisse des doigts.
Paillettes de mica, les mouches de l’été les ont poinçonnés, encre de leur crottes en amas, petits faufilages noirs qui disent l’abondance de juillet.
Les insectes, ivres de tout.
Ils ont disparu devant l’automne.
Mais je les devine encore, je les lis sous mes doigts.
Je sens leur bourdonnement.
Bientôt, d’autres calendriers, et les mouches reviendront.
La première à voleter sonnera le glas de l’hiver.
J’attends.
Relire l’été.