La liaison
par marronbleu
Le froid, et sa lame, qui fend les yeux, et le regard, gourd, comme les doigts. Les odeurs ne s’ élèvent pas, elles sont là, sûrement, des odeurs d’eau, de plumes graissées, le vert noirci des roseaux. Le froid, un tampon de gaze posé sur le tableau.
Il court dans la lande, trébuche et s’écorche les mains dans le givre. Un oiseau passe dans le ciel gris, sans le voir.
Le froid couche tout, les herbes, il enfonce les mains dans les poches, il a prise sur tout, sur les oiseaux qui frissonnent aussi, sûrement. Là haut.
Il tousse, cherche son souffle, halète. Et, levant son visage rougi par le froid, il maudit secrètement l’hiver qui s’acharne sur lui. Sur eux.
Mais que serait l’été et le printemps sans leur pendant, leur envers, l’hiver.
Rien. Un ennui languissant.