Pourquoi, parce que
Mercredi, la pénultième.
Vivre à crédit, anticiper sur l’héritage.
Du vendredi.
S’accorder une tranche de ce gras et extraordinaire garçon, dont il m’eut été agréable de faire mon ordinaire.
Car, n’aimant ni les chiens, ni les enfants, il eut fait assez bonne figure, dans mon salon, entre ma sale bête, le très justement bien-nommé Satan, et ma bergère, qui rend, et l’âme, et sur l’accoudoir, sa bourre de coton.
Il n’y a pas qu’Albert.
Le chat. Cette étrange personne qui ne se dit pas. Qui se miaule, allez savoir pourquoi. Qui vous parle à coups de patte, qui frétille de la moustache. Qui vous considère, vous méprise parfois, de ne pas parler chat.
L’écran est là.
Devant moi.
Un peu penché, comme une psyché.
Le clavier, et ses touches carrées, noires, un quadrillage de plastique, l’empreinte d’un gaufrier.
Mes doigts gourds qui tapotent pour se réchauffer, la pièce est froide, de ma main coule une pâte épaisse et dure, celle de mes doigts raides.
Cela ne donnera rien.
Coucher la psyché sur le gaufrier, cela ne donnera rien, une pâte morte, comme ces pâtes à sel.
Jolies, brillantes, mais dures sous la dent.
Attendre.
Ne pas s’impatienter.
Dans la cuisine.
Ils pendent, en tresses.
Ou légers, solitaires de papier.
Les calendriers.
Le vent parfois les soulève, les renverse de leur clou, de leur punaise.
Ils brillent.
La graisse des doigts.
Paillettes de mica, les mouches de l’été les ont poinçonnés, encre de leur crottes en amas, petits faufilages noirs qui disent l’abondance de juillet.
Les insectes, ivres de tout.
Ils ont disparu devant l’automne.
Mais je les devine encore, je les lis sous mes doigts.
Je sens leur bourdonnement.
Bientôt, d’autres calendriers, et les mouches reviendront.
La première à voleter sonnera le glas de l’hiver.
J’attends.
Relire l’été.
Mon année dernière, mon année. Derrière. Ne pas m’en détourner, au contraire. La garder. Regarder en arrière. Toujours, et souffler sur la poussière qui voilerait mon petit reliquaire. Je suis ici, et là, tout entière.
Hier nuit, vous auriez vu le ciel. Une devanture, chez Tiffany. Des velours où scintiller, des pierres lointaines et pâles. L’avez-vous vu, ce plumetis d’étoiles. Je le crois. Vous sillonnez leur pré.
La petite souris
Est sortie tout gentiment,
Trotti, trottinant.