ce que vos yeux vairons

Mois : octobre, 2017

Puck

Juste une nuit.
Être de l’essence que j’aurai choisie.
Laisser ma chair tomber à ses pieds.
Attendre du marronnier qu’il me tende sa sève, son aubier.
Le laisser ajuster sur mon torse son écorce, tendre un pied, un cothurne de racines se tresse et se noue sous mon genou.
Mon buste cède et craque, le bois d’un tronc, un enchevêtrement
de côtes, de branches, de bras tendus vers les cieux comme ceux d’un chandelier. Je ne respire plus, je bruisse, sur ma peau un champ d’écailles, le derme de mes feuilles qui poussent.
Jusqu’aux premiers oiseaux qui se posent sur le bout de mes doigts, et qui de leur bec, signent sur mes bras, une petite croix, l’onction d’un chrême, mon baptême du fond des bois.

Peau d’arbre

Laissez-moi un coin
De racines, où me nouer,
Demain, me lever,

Life of a tree

Lourd, l’ été, de toutes
Ses feuilles, l’arbre, l’ hiver, de
Toutes se dépouillant.

Regentag

Dimanche, suspendu à rien, un jour, un tronc, sans branche, le scion où je ne m’assois pas, les oiseaux sont en vacances.

Ticket de rationnement

J’ai faim. J’ai faim de
Ce que je n’ai pas, cornet
De Murat, pain au

Feu de bois, mes doigts
Sur votre peau, mon ventre,
Son coeur qui se vide.

Duffle-coat, duffle-cat

Blue ink, le caban,
Boutons de bronze, Satan le
Chat, marc de kawa,

Son dos, ses airs de
Sale bête, un oeil à zéro,
L’autre, jaune enfer.

Choix cornélien

Vendredi.
Les pères du désert, ou zombieland.
My heart belongs to Woody ( and Bill Murray ).

Valse, à deux temps

Le noir, le blanc, la fonte, la résurrection de la couleur.

Absurde

Tuer les enfants des bourreaux ne sert à rien, ils n’en ont pas. Si par malheur, ils en avaient, ils prendraient plaisir à les voir mourir.

Collection

Avoir toujours sur soi.
Au fond d’une poche.
Un petit miroir rond.
Un oeilleton,
Oeil de sorcière,
Filet à papillon.
Le tendre
Contre le ciel,
Laisser
S’y refléter
La pastille bleue
D’un nuage.
Elle poussera
Dans mon herbier.