ce que vos yeux vairons

Mois : novembre, 2017

Moucharabieh

Jpeg

Jpeg

Brûle-pourpoint

Dans ma poche, sous mes doigts, l’écorce fraiche d’une mandarine, je la zeste du bout des ongles, et je porte à mes narines l’haleine douce de l’agrume. Autour de moi, l’odeur orangée du fruit qui s’évapore dans le froid.

Sur les toits

Le ciel est de buvard, ce soir, des ocelles grises et noires, puis le brouillard, sur son bleu de lin.

Pount

Sur les bords de l’étang, la couronne des arbres arborant le tartan de leur clan, l’or, l’ambre, la rouille du chêne, du hêtre, de l’arbre à noix, hommage de ces rois à la naissance de l’automne.

Jpeg

Jpeg

Retour vers la maison

Au fond du bol froid, riche et gras, le bouillon, des rondelles de carotte, de petites mottes, des quartiers de navet, pris comme des icebergs dans la glace de la graisse, des écheveaux de poireau, chevelure verte et grise d’une Ophélie voguant sur la mer calme de la soupe. Lui donner vie, à la soupe, la poser sur le feu, regarder, humer la débâcle, la merzlota qui fond au fond de la marmite. Sortir une cuillère, une assiette. C’est prêt.

Petite maison

Dans mon pays tout petit, on parle oiseau, un roseau est la hampe de son drapeau, une toile de Chambray qui sèche ses bleus,  le ciel penché sur l’eau.

Jpeg

Jpeg

 

Laudes

Je te tourne autour, je déambule sur tes abords plantés de colonnes d’ajoncs,  cloître aux champs où j’entre sans effraction, les touriers, l’oiseau, le roseau n’ont pas fermé la porte.

Jpeg

Jpeg

Pavane

L’étang, un animal au panier, enroulé, immobile, sur son ventre d’eau et d’arbres enchevêtrés. Son souffle lent et régulier, qui retient mon pas, je marche, à la cadence de son coeur qui bat tout bas.

Knocking on heaven’s door

Regarder, intrus, sur la pointe des pieds, par le trou de la serrure. Se rêver invité.

Jpeg

https://youtu.be/r13UWwsmYcM

Poser la main sur la molette du Télécran, voilà les contours d’une pièce d’eau, un faisceau de traits qui penchent, les branches d’un saule qui gravent leurs sillons, des ronds, des volutes noires de Maoris, sur la peau de l’étang qu’elles scarifient.