ce que vos yeux vairons

Paralysie

La bibliothèque.
Ses travées, enfilades de rayonnages, d’un savoir sage, bien rangé, des volumes que je ne profane plus, une page cornée, un feuillet arraché, des livres-balises, comme autant de jalons, qui ne retiennent plus mon attention, le coeur ne s’emballe plus, la chamade a cessé.
Alors s’éloigner, trouver le passage vers autre chose, « Soumets-moi à la tentation ».
Comment est-ce, là-bas, l’enfer est-il juste l’envers du paradis.
Quiétude et inquiétude, le calme et son revers, Jean-qui-rit, Jean-qui pleure, Jean-qui-s’ennuie, et Jean-qui-lit.
Est-ce une soupente obscure, un rat court sur des grimoires, des codex, des rouleaux, ici, un crâne, un manuscrit mystérieux, à la recherche du Voynich perdu, est-ce cela, de la poussière, un squelette de carabin qui agite ses osselets, comme dans un train fantôme.
Ou l’enfer est-il aussi clair que le paradis, je suis le diable, et me censure, tous ces livres dont je m’interdis la lecture, la crainte de ne pas être à la hauteur, la peur du ravissement.
De ne jamais en revenir.

Autodafé

La cire d’une bougie
Qui fond, un visage, tableau
De Francis Bacon.