Paralysie

par marronbleu

La bibliothèque.
Ses travées, enfilades de rayonnages, d’un savoir sage, bien rangé, des volumes que je ne profane plus, une page cornée, un feuillet arraché, des livres-balises, comme autant de jalons, qui ne retiennent plus mon attention, le coeur ne s’emballe plus, la chamade a cessé.
Alors s’éloigner, trouver le passage vers autre chose, « Soumets-moi à la tentation ».
Comment est-ce, là-bas, l’enfer est-il juste l’envers du paradis.
Quiétude et inquiétude, le calme et son revers, Jean-qui-rit, Jean-qui pleure, Jean-qui-s’ennuie, et Jean-qui-lit.
Est-ce une soupente obscure, un rat court sur des grimoires, des codex, des rouleaux, ici, un crâne, un manuscrit mystérieux, à la recherche du Voynich perdu, est-ce cela, de la poussière, un squelette de carabin qui agite ses osselets, comme dans un train fantôme.
Ou l’enfer est-il aussi clair que le paradis, je suis le diable, et me censure, tous ces livres dont je m’interdis la lecture, la crainte de ne pas être à la hauteur, la peur du ravissement.
De ne jamais en revenir.