Le denier du culte
par marronbleu
Comment est-ce, de vivre, avec, pour horizon, les genoux des passants, l’ourlet de leur manteau, des odeurs de trottoir froid, de caniveaux, et leurs eaux grasses, cendre de mégot, molards et étrons écrasés sous les pas, la pitié est pressée, une pièce lancée, le vide, la trace d’un demi-cercle autour d’un homme posé au sol, et qui ne lève pas la tête, il ne mendie pas debout.
Peut-être que cela vous recroqueville, de mendier, cela vous fond dans le bitume.
Vous fait devenir pavé, un gisant, autour duquel l’on piétine.
Voici ma traduction de votre belle pièce, très riche d’humanité:
Com’è possibile, per vivere, con, per orizzonte, le ginocchia dei passanti, l’orlo dei loro soprabiti, gli odori del marciapiede freddo, delle grondaie, e le loro acque putride, ceneri di mozziconi di sigaretta, mucchi di terra ed escrementi schiacciati sotto le suole, la pietà ha fretta, una moneta gettata, il vuoto, la traccia di un semicerchio attorno a un uomo steso a terra, e che non alza la testa, non prega in piedi.
Può darsi che abbiate paura, di mendicare, di sciogliervi nell’asfalto.
Vi fa diventare pavimento, un caduto, attorno al quale si passeggia.
L’été, je les oublie, j’ai ma conscience au chaud, puisqu’ils ont chaud, peut-être.
L’hiver, c’est autre chose, quelque chose refait surface. La honte. Sûrement.
Cela me touche, ce petit texte, traduit ainsi. Merci, cher Marcello.
Traduire vos textes est un plaisir pour moi.
Ils sont riches en signification, Anne
Traduire est un art que je vous envie. Se mettre au service d’un écrit est remarquable. Un don inestimable, pour qui le reçoit.
Très gentille, Anne. Traduire les textes que j’aime, c’est un peu comme si je les avais écrits dans ma langue. Et c’est aussi rendre hommage à la compétence de l’auteur.
Un acte généreux, qui traduit l’humilité de son auteur. Mais oui, traduire est bien plus que transcrire . Un acte de création, à part entière.