ce que vos yeux vairons

Mois : janvier, 2018

Myriade

Ce matin, blancs, à l’étang, trois cygnes. J’ai croisé une dame, qui m’a dit, « J’en ai vus, tant et tant… »

« Tous les matins du monde », la coulée, l’oiseau

Jpeg

Jpeg

« Tous les matins du monde », fonderie

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Jpeg

« Tous les matins du monde », préparer le creuset

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Souligné en rouge

Posant ses doigts en sang sur le jardin, l’hiver, des gouttes d’églantine, des boutons de rose morts-nés, leur velin de pétales rouillés, et le gris pâle d’un ciel convalescent.

Chanson à l’envers

Il y a ici,
Il ne devrait pas,
Déplacés
De l’été
Jusque vers le froid,
Une place et son carré,
Une vieil olivier,
Des platanes nus,
Nul pour en prendre
Pitié,
Ni le vent, ni la pluie.

Et il y a,
Dans l’allée noircie,
Parmi l’humus et
Les feuilles en débris,
Un buisson bas,
Et entre les doigts
De ses épines,
L’injure faite
A une fleur,
Le trouble d’une rose,
Et l’hiver, et l’oubli.

Un début

Ce matin, quelque chose a verdi.
Troublant, incongru, j’ai entendu le roucoulement gris perle de la petite tourterelle.
Elle est revenue, et son bec, sur la glace de l’hiver, qui craque.

Tire-lire

Trouver.
De la pierre sèche.
Une haie, de la ronce, et ses épines.
Pourvu que cela soit un mur.
Petits moellons roses de l’aubépine, des lauzes, feuilletage noir de l’ardoise.
Un mur.
Et son ciment, petits rouleaux de papier glissés là, à la jointure, entre deux pierres, piqués à la boutonnière, sur le plastron du buisson.
La haie, le mur.
Ni lamento, ni déploration, une étagère.
Aux interstices de la pierre, à la pointe des fleurs, des petits mots qui murmurent.

Même pas en rêve

Je ne monte pas à l’étang, le temps et sa houille me refoulent, le vent, le vent et la pluie, leurs rages réunies.
Alors je le laisse venir à mon chevet, de là-haut jusqu’ici, je ferme les yeux, et sous mes paupières, l’étang prend vie.
Tous les excès, les roseaux, les reins brisés, l’eau, jusqu’aux cieux soulevée, le ciel, noir, le jour, la nuit.
Des oiseaux, je n’entends que les cris.

De mémoire

Qu’y aurait-il de votre visage sous mes doigts, si je le voyais.
Des yeux gris, l’estuaire de vos lèvres, peut-être des rides, rien que je ne connaisse, de vous, mon esquisse, à mots distraits, le passé est oublieux.