Carte postale parfumée à la violette

par marronbleu

Et je vous dirais quoi.
L’arène, le sable.
Le miura.
Les places à l’ombre.
Les visages que l’on ne voit pas.
L’ovale rouge, que je trace d’un doigt.
Y inscrire, noir, le fauve.
L’écume qui poisse son cuir, et la chair qui ondoie.
Rosée de la rage, et les sabots.
Un boléro, le martèlement.
Ravel, c’est facile.
Je dirais.
J’annonce le combat.
Je choisis.
Habanera.
Je plante le décor espagnol.
Les peignes plantés haut sur les crânes, qui haubanent les Andalouses, les mantilles et les coups d’éventail.
Mais regardez, c’est en bas que ça se joue.
Dans le soleil, les banderilles, et la muleta.
Et les cris qui les poussent, comme une houle.
Un pas de deux, non.
Le collant rose l’emportera, sûrement.
Et je vois poindre, je vois, une rosée rose, à la pointe des cornes du miura.
Vous voyez, je parle bien de la rosée, alors l’amour.