Et si
Lop Nor, Aral, et si demain je te retrouvais mare, étang agonisant, si après le raidillon, il ne restait plus qu’un trou noir, sans le miroir de l’eau, et le bruissement des roseaux.
Je resterai à ton chevet.
Lop Nor, Aral, et si demain je te retrouvais mare, étang agonisant, si après le raidillon, il ne restait plus qu’un trou noir, sans le miroir de l’eau, et le bruissement des roseaux.
Je resterai à ton chevet.
L’étang, ce matin, un Turner de brumes, étincelant, d’or, le soleil, et l’argent, le soleil s’assombrissant, une merveille, je retiens mon souffle, le plus longtemps possible, mon apnée. Je voudrais que rien ne bouge, et mes poumons brûlent. L’enchantement prend fin, l’expiration de mon pari fou.
Je reviendrai.
Demain.
Bientôt.
Le même motif confié, d’araignée en araignée.
Accroché, gouttelettes de rosée, entre deux herbes, au tuyau-éventaire des roseaux.
Aucun insecte, pour boire à ces perles d’eau.
Il est tôt.