ce que vos yeux vairons

Mois : avril, 2018

L.E.M., module 1

Vous écrire.
Comment dire.
C’est un peu comme contempler fra Mauro, en se disant que l’on ne pourra pas alunir.
Mais revenir.
L’étang est une lune.
Tracer sur ses berges, des cercles concentriques.
Voilà qui m’importe.

Autour de l’étang, segment 28

Un cygne, en majesté.
Sous l’eau, son reflet, comme une quille, un bout d’étambot.

« Parallaxe », branche de mirabellier

Jpeg

Autour de l’étang, segment 27

L’heure, paresseuse.
Un pêcheur somnole, à l’ombre blanche du calicot de son parasol.
L’étang lui appartient, je ne suis qu’un promeneur.

Et si

Lop Nor, Aral, et si demain je te retrouvais mare, étang agonisant, si après le raidillon, il ne restait plus qu’un trou noir, sans le miroir de l’eau, et le bruissement des roseaux.
Je resterai à ton chevet.

« Que voyez-vous, Carter ? »

L’étang, ce matin, un Turner de brumes, étincelant, d’or, le soleil, et l’argent, le soleil s’assombrissant, une merveille, je retiens mon souffle, le plus longtemps possible, mon apnée. Je voudrais que rien ne bouge, et mes poumons brûlent. L’enchantement prend fin, l’expiration de mon pari fou.
Je reviendrai.
Demain.
Bientôt.

Les dentelles de Lefkara

Le même motif confié, d’araignée en araignée.
Accroché, gouttelettes de rosée, entre deux herbes, au tuyau-éventaire des roseaux.
Aucun insecte, pour boire à ces perles d’eau.
Il est tôt.

Sous l’excoriation

Aiguë dans la chair,
L’écharde du souvenir,
Le passé, perçant.

Les deux marronniers

Ici, chez moi.
Où les toits sont épaule à épaule.
Où aucun ne risque une tuile plus haut que l’autre.
Où les rues déroulent leurs rubans plats, rien ne dépasse.
Il y a.
Formidables.
L’un à l’est, l’autre à l’ouest.
Deux phares gigantesques, qui dressent leurs épais fûts de bois loin par-dessus tout ça.
Deux gardiens de sépultures, cimetière juif, cimetière chrétien, et les branches de ces vénérables, où se mêlent indifféremment, les accents du chant des oiseaux.

AMDB

Je passe à côté des choses, désormais. Ai-je envie de ceci ? Oui. En ai-je besoin ? Non. Je dompte mes faims, pas toutes. Ne demeure que distillat du désir.