ce que vos yeux vairons

Mois : Mai, 2018

Je veux tout

Dehors, un charabia, à tort et à travers, les sons qui zigzaguent, zébrures de l’air, les oiseaux, qui frôlent les branches, une ligne électrique, qui vibre, le vent, qui brosse les jaunes, les verts, des fleurs qui sentent tout ce qui peut se sentir, linge propre, peau chauffée, le printemps me pousse au désir.

S’ajuster

Qu’est-ce que l’étang, petite mer, qui resserre ses rives, élégant, pour que je puisse en faire le tour.

Janequin

Les oiseaux ont-ils un jumeau, le partage d’un chant singulier, une même langue, un vocabulaire pépié, différent.
Merle, je suis moineau, tu chantes, il n’y a rien à comprendre.
Tu chantes, la mélodie me suffit, nous sommes oiseaux, demain, je te parlerai moineau.

Enfleurage

Ce que je sens, en ouvrant la fenêtre, une odeur violette de lilas en fleurs, une odeur ancienne et vaporeuse, une odeur de sacristie, le sac de ma grand-mère, le muguet de son eau de Cologne, un Leonor Fini.

Le long du vieux cimetière

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Tous les jardins

Ce pourrait être un damier, si tout n’était pas désordonné, les carreaux, ni noirs, ni blancs, verts et oblongs, dérivant paresseusement à la surface de l’étang, les nénuphars, l’eau se couvre de leurs ocelles, une contagion qui bientôt fleurira, les nymphéas, feuilles de céladon.

Animal, animots

Mon pelage, que je sentais chat, pousse chien, je crois.
Le rêche d’un dingo, chien jaune, je n’ai rien demandé, le bush est mon étang, un chien, ça dit mon, le possessif d’un territoire.
Un chien-bovin, parfois, qui paît.
Se repaît d’eau, de ciel et du chant des oiseaux.

Les nuits

Une main et son onglée, cette nuit, sur le front de l’arbre à roses, et la fièvre a flétri les fleurs qui se rident, sur l’herbe, une abeille, fanée.

Walpurgisnacht

Trublionne,
Ce fut ta nuit vaurienne,
J’ai entendu ton sabbat,
Tes cris de joie,
Petite sorcière de Salem,
Kleine Hexe,
Mai est là.