Stammen
par marronbleu
On dit rouge.
Mais le pin Douglas n’est pas rouge, couleurs rognure de taille-crayon, avec des coulures lichen sur les bardeaux qui grisent.
La maison des bois.
Avec, en fin de nuit, et parce que c’est ainsi, au fond du vallon, des traces noires, la terre, les nuages au ventre encore bleui, des caries, là où le soleil ne perce pas, et le bruit.
Sous le porche, frère tourier, le long carillon de bambou, qui n’a pas d’heure pour vibrer, le vent arrête, précipite le temps, roulant le galet de bois entre les lames, où est-on, en forêt noire, en Annam, tout à la fois, et le torrent, en contrebas, du verre blanc qui se brise, gonflé comme une veine sur une tempe, ça et là, un éclat d’or sur le gravier, dans l’eau, le soleil et sa pyrite, je perds haleine, je voudrais tout dire du petit vallon qui m’est pays, gâcher de la gouache, ma mémoire peint, splish, splash.