Tout là-haut, c’est le plateau, l’entrée du vallon, le goulot.
Je connais la route.
La peur est un natron qui me contracte comme un bout de bois.
À chaque virage, elle incrémente.
Tout là-haut, c’est le plateau, l’entrée du vallon, le goulot.
Je connais la route.
La peur est un natron qui me contracte comme un bout de bois.
À chaque virage, elle incrémente.
La route s’étrécit de plus en plus, jusqu’à n’être plus qu’une trace, comme une fente, dans l’os d’un pare-soleil inuit, et le monde se contracte, je me concentre sur la route qui monte et tourne, une cochlée qu’il faut enrouler, encore un tour de manège, le sommet semble insaisissable, tout est vertige, autour de moi, à travers la sueur qui embue tout, mes yeux, la peur qui poisse les paumes, les hauts sapins qui gyrent, la route-fugu. Le vallon est tout en haut, un tabernacle, et ce chemin de croix qui me terrifie.