« Ihr seid angekommen »
par marronbleu
« Les camions passent »
S’ils passent.
Vouloir le vallon.
Comment mesurer mon appétit pour ce thalweg, cette saignée plus noire encore que les arbres qui l’ombrent, berges sombres d’une plaie croûtée.
C’est que ce pli, qui s’enfonce loin sous les sapins, qui peine à exister entre les hautes murailles de la forêt, qui se dilue souvent, la pluie, le bruit du torrent, est l’île à laquelle je me lie, symbiote de longue date, puis, lorsque la route me rote, comme un bout de bois drossé sur la grève par la tempête, alors tout s’annule, tous les vertiges, ceux des embûches de la route, ma peur de la route, un voile se déchire, il suffirait alors d’un rai de soleil sur la terre, pour que je me prosterne, et que je l’embrasse, dans un geste papal.