Les cimes
par marronbleu
Sur une carte, ce n’est rien, juste une petite masse.
Dans un pli du papier plastifié, elle est là, la bosse, quelques cernes gris, on dirait une verrue aplatie, une montagnette, tout le monde, tout le monde, qui a le pied alpin en rit, sauf moi.
Sur la carte, tous ces ronds gigognes, juste un dessin.
Mais quand sous le pied, ils commencent à se dresser, d’abscisse en ordonnée, comme une vague scélérate, quand on glisse, sans crier gare, du détail de la cartographie, à ce bitume défoncé, où de part et d’autre, écument les sapins, cette mousse verte, qui masque à peine l’abrupt du ravin, alors.
Alors, la chamade.
Un éboulis, à l’intérieur, le coeur.
A l’arrivée, après le séisme, ne restera de moi qu’un pierrier.
La peur avance sur moi, moraine, comme un glacier.