Désincarnée
Sortant de l’ombre, comme du dessous d’une robe longue, un pied, l’émail de son ongle, pas plus loin que le croissant de la lunule, et la tête, dans le crépuscule, un pin parasol.
Sortant de l’ombre, comme du dessous d’une robe longue, un pied, l’émail de son ongle, pas plus loin que le croissant de la lunule, et la tête, dans le crépuscule, un pin parasol.
L’ison, filé comme une pâte de verre que l’on étire, variation de la lumière, une altération, oh, à peine, quelque chose qui vient s’appuyer, plexus solaire, et la note change, un nuage, le diaphragme qui n’en puit mais, le souffle se tuile, bouche à bouche, et renaît.
Je lis, aponie, je lis, je relis, jusqu’à l’hypnose, le mot, et la douleur, mon osselet comme un fléau, trouver autre chose, un mantra à ma mesure, « Ça va passer ».
Je regarde des photos, il n’y a rien d’autre à faire.
Noirs et blancs, mon regard, l’histoire.
Il y a la pudeur de la distance, de l’autrefois, on parle à ces visages à voix basse, et on espère, qu’une joue rosisse, que la brise soulève une mèche, on frotte, les lèvres ne bougent pas, si la photo était en couleur, il y aurait encore un peu de chair.
D’abord, l’hébétude, et son anesthésie, puis térébrante, et lancinante, la petite mélodie de la douleur, son morse de pivert, brève-brève, longue-longue, là, dans le pied.
Et tout est étain, le ciel, le chant des oiseaux, Roland Furieux, il ne reste que les corbeaux, et leur rocaille, décomposition du bleu, les nuages sont amas de laine sale, le suint de la pluie, qui emporte un duvet de mésange, petite médaille un instant suspendue, et.
Flash au magnésium, le visage de folle de la forêt, les tubulures de l’orage, des piétinements, un séisme de bêtes sauvages, pris par l’éclair, et le tonnerre, tout halète, le tonnerre, en forêt noire, comme sur les hauts de Cracovie, le joueur de trompette, crac