ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2018

Géométrie dans l’espace

Dans ces moments-là, il arrive, par vaguelettes successives, de petits miracles de carte postale, le ciel tranquille d’un soleil couchant, la même fumée dans les poumons, le paquet de cigarettes a circulé, un verre de quelque chose, un muret, on est assis, on est côte contre côte, le billot et moi, pas assez fort, la solitude ne prend pas beaucoup de place, et nos regards divergent dans le lointain, deux points trop éloignés, qui ne se mélangent pas, leurs puissantes racines.

Heimweh

Le soir, l’heure, où ce qui reste d’enfant, sa résurgence qui pleure en moi.
Sur le visage du billot, aussi, une spirale de rabot, une larme de bois qui s’enroule.
La sève, saline, un même rhésus.

Anonyme

Aimer ces traces inexplicables, grottes ornées, sans explication de texte, surtout pas, sans signature, l’écriture laissée là, comme un journal posé sur un banc.

« Montag »

Topo, typographie de la terreur.
Un autodafé.
Du combustible, qu’importent les bûches.
Non, pas n’importe quelle bûche.
Dans les décombres, un billot fumant, un homme porte le corps d’un arbre, figuier de Barbarie.

Lumen de lumine

Polarisées, les lunettes de soleil, les ailes du scarabée.
Les mêmes reflets, côte à côte.
L’insecte s’envole.

Lux

Plus rien ne l’arrête maintenant, à peine la nuit, une mer d’Aral qui sèche, avec peine, un nuage gris, la croissance folle de la lumière, une liane, un bambou orangé, les peaux brique, les briques des murs, Jack, et le haricot magique, le soleil, et sa pandémie.

Khazneh

C’est comme,
Voir les pieds d’une sirène.
Le long écheveau de racines du billot, chalut d’une anémone, cartographie de ses veines, mises à nu, ma gêne, il n’a rien vu, jamais être n’a pareillement pris soin de ses racines, derrière les hauts murs de son jardin intime, un reposoir, un banc, un carré d’humbles.