Rien à déclarer
Le voyage commence là.
Me gargarisant.
Les borborygmes, déjà, ont une autre couleur.
Les bulles claquent autrement, l’intonation n’est plus la même, et ce ne sont pas encore des mots.
Ma bouche est une bétonnière, et le ciment, le gravier, s’y mêlent différemment.
Le voyage commence là, ma bouche se moule, comme du feutre sur une forme à chapeau, étrangère, la frontière est là, je laisse le français derrière moi, ma voix s’assombrit, je suis en Forêt Noire.




