Sur les talons

Variateur d’intensité de l’écriture, de la lumière crue, pour l’éblouissement, un os qui se fêle, le solaire d’une brûlure.
L’absence de grande douleur, comment la nommer, cette pénombre de terrier.
Je suivre mon paysage, je suis mon paysage.
Qu’est-ce qui modèle le plus précisément, d’un mot, ou d’une photo.
Ou mieux, qu’est-ce qui m’émeut le plus, toucher le grain d’une lettre, ou lire celui d’une peau.
Ce que je construis de chimère me ressemble, or, c’est dans l’antre d’un rêve, dans l’un de ses recoins les plus obscurs qu’il faut chercher l’hétéroclite, l’assemblage le plus dissemblable, le plus éloigné de moi, une bête si étrange que je ne puis me reconnaitre en elle, étrangère, et tout change.
Dans l’atelier, il n’y a de bien rangé que l’établi, partout ailleurs, le froufroutement, des paquets d’ailes de toutes sortes, hirondelles, hippocampes, des rémiges, du duvet qui se souleve, un harnachement, un ange est passé là, il dort dans un coin, débarrassé, je pars à la chasse au fauve.
Tour de potier, s’élève la forme étrange, pâton de chimère.