ce que vos yeux vairons

Veillée d’armes

La touffeur, le vent, comme un foehn, chaleur de sèche-cheveux, les oiseaux se taisent, espèce après espèce, le dernier à résister, le merle, et le ronflement des voitures climatisées, de la rue monte une odeur de pierre poussiéreuse. Une grosse goutte de pluie, lustrale.

Électricité statique

Le ciel, jusqu’alors doré et presque blanc, à force de soleil, se trouble maintenant, du bleu-thé, aux nuages pu’er.
Je file, des forces formidables se rassemblent à la surface de l’étang.

Temps de pose

La cuisine, de nuit, le volet, entrouvert, et la crémone, qui retient la fenêtre de claquer, la maison, de tous ses pores, éclose sur la rue, les rideaux tirés, comme des mèches de cheveux coiffés derrière l’oreille, je formule des voeux, « Que la maison vire de bord », et se mette vent debout, du courant d’air, sur les noyaux abandonnés sur la table, un petit tableau, une assiette de cerises, une tache de jus, où s’abreuve un insecte, le ressort de sa trompe, comme un petit anneau de chair forgée, le vent la remue, et la nuit continue.