ce que vos yeux vairons

Le haut cahier, page 61

C’est un arbre remarquable.
Un arbre à adjectif, la prairie est son enclos.

Le haut cahier, page 60

Un taon mord la tranche de ma paume, la cerise d’une grosse goutte de sang, devant moi, des insectes rapides, leurs trajectoires rectilignes d’aéronefs futuristes du « Cinquième élément », qui ne tiennent compte de rien, juste ma main, un obstacle à sucer, jusqu’à la mort, mon autre main écrase la mouche accrochée à la plaie, à ma gauche, en montant, à droite, en descendant, le torrent cascatelle, le bruit d’une baignoire qui se remplit, y plonger le poinçon, oh, l’eau, premier baume.

Le haut cahier, page 59

Je suis ainsi que ce figuier étrangleur, un enfant sauvage, qui passe son cordon autour du cou de sa terre-mère.

Le haut cahier, page 58

Bleue, belle, vue du ciel.
Combien de temps encore, avant qu’elle ne se confonde avec une boîte de Pétri, pilulier à virus, la Terre.
Nous proliférons à la vitesse du cancer, et je suis, moi, ce milliardième de cellule qui constitue sa maladie mortelle, car je suis de la race animale des hommes…