Le haut cahier, page 61
C’est un arbre remarquable.
Un arbre à adjectif, la prairie est son enclos.
C’est un arbre remarquable.
Un arbre à adjectif, la prairie est son enclos.
Un taon mord la tranche de ma paume, la cerise d’une grosse goutte de sang, devant moi, des insectes rapides, leurs trajectoires rectilignes d’aéronefs futuristes du « Cinquième élément », qui ne tiennent compte de rien, juste ma main, un obstacle à sucer, jusqu’à la mort, mon autre main écrase la mouche accrochée à la plaie, à ma gauche, en montant, à droite, en descendant, le torrent cascatelle, le bruit d’une baignoire qui se remplit, y plonger le poinçon, oh, l’eau, premier baume.
Je suis ainsi que ce figuier étrangleur, un enfant sauvage, qui passe son cordon autour du cou de sa terre-mère.
Bleue, belle, vue du ciel.
Combien de temps encore, avant qu’elle ne se confonde avec une boîte de Pétri, pilulier à virus, la Terre.
Nous proliférons à la vitesse du cancer, et je suis, moi, ce milliardième de cellule qui constitue sa maladie mortelle, car je suis de la race animale des hommes…