ce que vos yeux vairons

Récit corallien-3

Me voilà de retour, les bois sont ici meubles de bois, le toit, une canopée de tuiles, le bourdonnement, que j’aimais là-bas, celui des abeilles, est ici grésillement, la radio, insecte importun, son halo de voix tsé-tsé, leur opium qui bercent et endorment.
Je m’alite dans la chaleur, sur le côté, comme ces vieux fumeurs, Celestials de Jules Verne
Le rêve est brume de forêts et d’étangs.

Récit corallien-2

Il me reste encore un peu de Haut cahier, de quoi écrire un ou deux verres, la haute maison est fermée, je la verse en levain-mère dans le vinaigrier, nourrir le récit corallien.

Récit corallien-1

Dans ma main, sur la liste, les fruits, les légumes, je la retourne, je note, le rayon de la boucherie, l’homme âgé, le cageot de raisins.
Dans la cuisine, machinalement, le rangement, les sacs se vident.
Je pense, l’odeur de sang, âcre, du fond de la boucherie, jusqu’à l’orée du rayon des pâtes, peut-être des bêtes mal mortes, et dont les quartiers à l’étal exhalent quelque chose, comme un râle muet, et odorant.
Le vieil homme, qui regarde le muscat de Hambourg, une belle grappe, rangée dans un couffin de plastique transparent, raisin à l’écrin.