ce que vos yeux vairons

Mois : août, 2018

Récit corallien-16

La repousse.
Fin de la saison ourse.

Récit corallien-14

Sur le papier peint, déteint par le soleil dans un coin, l’ombre grillée d’un nuage, puis, plus rien, attendre du vent, sur le mur, un autre dessin.

Récit corallien-13

Au jardin-kaolin, ses craquelures de poterie, le cuir tanné du fruit du caroubier, au jardin-kaolin, qui ressemble à un magasin de chaussures desséchées.

Récit corallien-12

Des yeux avec visage, insondables.
Des paupières lourdes, et chinoises.
Impassible mandarin de premier rang.
« Chat de feu Monsieur Lucien Bodard »
Tel pourrait être le nom du chat.

Récit corallien-11

Le long arc vertébral des Aléoutiennes, on dirait le fouet d’une raie manta, la natte antique de quelque Chinois d’il y a des siècles.
Votre porte dérobée, pour passer d’ici, à là ?, qui sait.

Récit corallien-10

Le monde bascule sur lui-même, ainsi que certains grands icebergs rongés du dessous, trop de pain ici. Là-bas, léger, rien.

Récit corallien-9

Coudre dans l’ourlet du poème, qui parle de tout et de n’importe quoi, un bout de ceux que j’aime, la forêt, l’étang, vous, entre vos deux rives, les deux côtés d’un monde, qui se regardent en chiens de faïence Ming.

Récit corallien-8

Ces boîtes aux lettres américaines, qui ressemblent à de petits hangars à avions, avec leur petit fanion dressé annonciateur.
Aujourd’hui, la fin de la touffeur.
Le vent a coincé dans la boîte vide une feuille brune, un arbuste desséché finit son été.

Récit corallien-7

De l’autre coté de la baie vitrée.
L’eau n’a plus rien de savonneux, la mer.
Voix de rogomme d’un vieux lion de mer, la mer ?
Gifle de sable.
L’ombre chinoise d’un pin parasol sur un soleil couchant ?
Gifle de sable.
N’écris plus rien de rectangulaire, en forme de carte postale.
La mer.

Récit corallien-6

On a coupé le son aux vagues.
Derrière les baies vitrées, la mer, et son écume, de l’eau savonneuse, à travers le hublot d’une lessiveuse, l’asthme d’un vieux lion.
Ouvrir une baie.
Le lion reprend du poil de la bête, une gifle de sable, le vent a pris une bouffée de Ventoline.