Récit corallien-16
La repousse.
Fin de la saison ourse.
La repousse.
Fin de la saison ourse.
Sur le papier peint, déteint par le soleil dans un coin, l’ombre grillée d’un nuage, puis, plus rien, attendre du vent, sur le mur, un autre dessin.
Au jardin-kaolin, ses craquelures de poterie, le cuir tanné du fruit du caroubier, au jardin-kaolin, qui ressemble à un magasin de chaussures desséchées.
Des yeux avec visage, insondables.
Des paupières lourdes, et chinoises.
Impassible mandarin de premier rang.
« Chat de feu Monsieur Lucien Bodard »
Tel pourrait être le nom du chat.
Le long arc vertébral des Aléoutiennes, on dirait le fouet d’une raie manta, la natte antique de quelque Chinois d’il y a des siècles.
Votre porte dérobée, pour passer d’ici, à là ?, qui sait.
Le monde bascule sur lui-même, ainsi que certains grands icebergs rongés du dessous, trop de pain ici. Là-bas, léger, rien.
Coudre dans l’ourlet du poème, qui parle de tout et de n’importe quoi, un bout de ceux que j’aime, la forêt, l’étang, vous, entre vos deux rives, les deux côtés d’un monde, qui se regardent en chiens de faïence Ming.
Ces boîtes aux lettres américaines, qui ressemblent à de petits hangars à avions, avec leur petit fanion dressé annonciateur.
Aujourd’hui, la fin de la touffeur.
Le vent a coincé dans la boîte vide une feuille brune, un arbuste desséché finit son été.
De l’autre coté de la baie vitrée.
L’eau n’a plus rien de savonneux, la mer.
Voix de rogomme d’un vieux lion de mer, la mer ?
Gifle de sable.
L’ombre chinoise d’un pin parasol sur un soleil couchant ?
Gifle de sable.
N’écris plus rien de rectangulaire, en forme de carte postale.
La mer.
On a coupé le son aux vagues.
Derrière les baies vitrées, la mer, et son écume, de l’eau savonneuse, à travers le hublot d’une lessiveuse, l’asthme d’un vieux lion.
Ouvrir une baie.
Le lion reprend du poil de la bête, une gifle de sable, le vent a pris une bouffée de Ventoline.