Le haut cahier, page 32
Cocons de soie au bain, chacun se dévidant, l’eau frémissant, la multitude des fils tressant un mince ombilic au-dessus du bouillon, ainsi, me semble-t-il, jour après jour, le soleil me dépouille de ma bourre.
Cocons de soie au bain, chacun se dévidant, l’eau frémissant, la multitude des fils tressant un mince ombilic au-dessus du bouillon, ainsi, me semble-t-il, jour après jour, le soleil me dépouille de ma bourre.
Enfin, il reste la peau, pour toute chain(s)e.
Fine, papier cigarette, papier bible, papier cuisson.
Choisir son enfer, sous le derme, très certaine, la brûlure.
Le soleil se mêle de tout, et de l’eau ne reste que la poussière.
L’été, la geôle.
Le soleil, son maton.
Et je suis fille de Papillon.
Dehors, étréci.
La rue, réduite à une fente, le volet laisse entrer le monde sur la hauteur d’une latte, le soleil dans la cuisine, sur le sol, son mince rectangle.
Un grondement, un insolite guerrier ici, son fracas mécanique qui suspend, battement de cil, celui du torrent, et s’éloigne, on ne s’égare ici qu’un temps.
À toutes les fenêtres de la maison, des barreaux d’ombres, l’empreinte des volets, augmentée, diminuée, le soleil joue, tous les jours, da capo al coda, cruel.
Laine brute, dorée de la lumière, que cardent comme râteau les rangées de sapins, au pied d’un arbre, un écheveau lisse, et tiède, des brins d’un soleil sage, peignés, la raie de côté, comme de petits enfants, sortie de bain.
Terre Sahel, celle d’un amour qui s’en va.