ce que vos yeux vairons

Mois : août, 2018

Le haut cahier, page 32

Cocons de soie au bain, chacun se dévidant, l’eau frémissant, la multitude des fils tressant un mince ombilic au-dessus du bouillon, ainsi, me semble-t-il, jour après jour, le soleil me dépouille de ma bourre.

Le haut cahier, page 31

Enfin, il reste la peau, pour toute chain(s)e.
Fine, papier cigarette, papier bible, papier cuisson.
Choisir son enfer, sous le derme, très certaine, la brûlure.

Le haut cahier, page 30

Le soleil se mêle de tout, et de l’eau ne reste que la poussière.

Le haut cahier, page 29

L’été, la geôle.
Le soleil, son maton.
Et je suis fille de Papillon.

Le haut cahier, page 28

Dehors, étréci.
La rue, réduite à une fente, le volet laisse entrer le monde sur la hauteur d’une latte, le soleil dans la cuisine, sur le sol, son mince rectangle.

Le haut cahier, page 27

Un grondement, un insolite guerrier ici, son fracas mécanique qui suspend, battement de cil, celui du torrent, et s’éloigne, on ne s’égare ici qu’un temps.

Le haut cahier, page 26

À toutes les fenêtres de la maison, des barreaux d’ombres, l’empreinte des volets, augmentée, diminuée, le soleil joue, tous les jours, da capo al coda, cruel.

Le haut cahier, page 25

Laine brute, dorée de la lumière, que cardent comme râteau les rangées de sapins, au pied d’un arbre, un écheveau lisse, et tiède, des brins d’un soleil sage, peignés, la raie de côté, comme de petits enfants, sortie de bain.

Le haut cahier, page 24

Terre Sahel, celle d’un amour qui s’en va.