ce que vos yeux vairons

C’est mieux

« Ne fais pas d’histoire », on le dit aux enfants.
Mon pays tout petit est un enfant taciturne, qui ne fait pas de bruit, que sais-tu de ses souterrains, de son théâtre d’ombres, la nuit, ducasse grotesque, carambolage, avec un K, pour que ça Kogne, mais sans bruit, ne fais pas d’histoire, on me l’a dit.

Spuren

Je ne vois pas la charogne, loin, l’air corrompu, l’odeur haut-le-coeur, seule, une couronne noire, un cercle de corbeaux, ronde qui croasse, Ophüls tourne un cauchemar, trahit, entre les hautes herbes, la carcasse.

Mais peut-être n’y a-t-il rien, les oiseaux grincent, sans raison.

Bruit blanc

Un îlot, couffin de roseaux, d’herbes couchées, autour, des cernes d’eau, clapot qui se brise sans bruit contre les fondations de ce radeau lacustre, les pattes puissantes d’un oiseau, aubes palmées, un cygne se hisse,  puis tout se lisse, la hampe de son cou déroule une ouïe, un cri bref, enroué, la contrebasse se couche. Silence sur l’étang. Un foulque cromorne. Silence sur l’étang.

Re-de-nouveau

Sang de limule, le ciel, ce matin, un bleu barbare,  le soir, patricien,  sillage rosé, veines du porphyre, un nuage, puis un autre, hémo-cloisonnés,  fièvre légère sur le soleil,  la brume dilue dans la nuit les contours de la sanguine, et demain, sang pour cyan, le ciel, pirogue à balancier.

Ce matin, dans le lointain,  le ciel, bleu barbare.