L’orient, le soir
par marronbleu
La chambre
Il y a un trou dans le drap, pas un trou de cigarette, les bords sont effilochés.
La nuit n’arrive pas à être noire, derrière le rideau, le glissando des klaxons, en bas, dans la rue.
Le lendemain
Dans le hall, une conduite d’eau a éclaté, l’eau cascatelle sur les marches de marbre, c’est catastrophique, féerique, jardins de Sans-Souci.
Au dessus de ma tête, partout, dans la ville, des fils électriques, comme des touffes de cheveux emmêlés.
Baalbek, Balbec, la Bekaa, dans la plaine, des cubes de plastique bleu, ou gris, jute des cabanes des journaliers, à l’ombre des colonnes doriques du temple.
De l’autre côté, c’était un pays.
Ont-ils détruit, aussi, le château de Saladin, qui surplombe Palmyre.
Les gens disparaissent, balle-shamin, petits Tadmor de poche, et les norias de Hama, qui grondent, noires, comme dans un cauchemar d’Edgar Allan Poe.
Fluide et mélodique, j’ai toujours un faible pour ce genre d’expériences poétiques. Et c’est très curieux de voir comment le mot « l’Orient » porte « l-e n-o-i-r » en son sein…
Une anagramme, comme un nuage d’orage, sous le noir, le soleil, une nuance de T rouillé.