Terrazzo bleu-arbrisseau

Ce matin, ma longue troménie, en lente déambulation, entre les laminaires.
On aurait dit de vieux bouts de films déchirés, du celluloïd, rongé, le ciel, la mer.
Circuler.
Il n’y a plus rien à voir.
Tous ces aplats-Staël,
Le bleu, le bis, le sel, les
Algues en cheveux.
Le rostre, Gérard de Narval.
La mer, sauf cette aiguille, vertébrale, de la lauze, bouillon noir, la terre, son marc, la terre, long slackline, un funambule au vertige, le front bas, et moi, comment marcher, ouvrir les bras, le ciré, sustentation.
Il y a d’abord les droites, hypoténuses d’un triangle-rectangle, les lignes d’un paysage, qui fond, je touille l’eau d’un bocal, y creuse un entonnoir, où dégringolent le ciel, les nuages.
La mer est un cadre noir, et je suis un cheval au dressage qui apprend à ployer le genou.
Je hennis.
Comment dit-on, en cheval, tout ce qui me remue au-dedans.
Ses écailles de pangolin, le rebrousse-poil de ma main sur l’arbre-dinosaure, araucaria au fond du jardin.
Mélancolique, au
Fond du parc, pierres et mousses, ruine
Des ruines, la fabrique.
On m’appelle, je réponds « J’arrive ! »
Mais « Me voilà »
Dit d’une toute petite voix, un chuchotement flûté, anglaises et tulle d’une toute première fois, dimanche de rose aux joues, d’images pieuses, échangées autour des dragées blanches, et petites boules d’argent, dont le mercure craque sous la dent.
« Me voilà », nos sept ans, tout petits, devant qui.
Longtemps après, se sentir cendre, temple d’Abou Simbel, si petits, entre les jambes des géants, en haie, pagne et pschent, un clair-obscur, petite niche du naos.
Et demain.
La mer, tout se contracte, une joie de cabri bondissant.
Là où la terre penche, à tomber, le spectre des bleus, des gris.
Plongée dans un cénote Zao.
« Me voilà ! »
In petto.
Alfa, giallo ocra, gold nuggets, file, ma cavale. Double débrayage, bambam, début du boléro de Ravel.