ce que vos yeux vairons

TOUTAKI, cinétique

Dans le magasin.
Le seul besoin, une sphère, mais n’en cherchez point d’armillaire.
Il vous faut une boule de verre plein.
Une boule à neige, c’est bien.
Un sulfure, bien mieux, mais compliqué, il vous faudrait l’évider, comme un oeuf cru, et voir filer sa glaire de cristal soufflé.
Tout bien pensé, la boule à neige, voilà l’objet rêvé.
Une petite ponction, le temps de vidanger ses paillettes en tempête qui tombent sur,
Une tour Eiffel de laiton,
Un Sacré-Coeur et son mamelon sucré,
Votre boule est propre.
Demander au mercier-sorcier le plus important.
Par la bonde, le laisser introduire, avec précaution, un brouillard en suspension, deux sous de brume suffiront, point trop n’en faut.
Car comment, sinon, pourriez-vous deviner,
Le port, le réverbère blafard, apercevoir, Gabin, Miguel Blondin, et le petit chien s’éloignant dans un reste de nuit noire ?
S’il vous reste un peu de place, la musique de Jaubert, son Baccarat mélancolique, Marcel Marx, et son Arletty.
Et maintenant,
Laisser vivre Le Havre.
Secouez doucement.
Tout va s’incarner.
Magie.

Codé en Scott

La ruelle, un peu à l’écart, comme une veinule, qui se sépare de l’artère.
C’est sinueux, jusqu’ici, déjà, on n’entend plus la mer.
La devanture, de la boutique, on dirait celle d’une mercerie, on y vend des choses rondes, comme des boutons.
Entrez.
Vous allez avoir besoin d’une chose ronde.
Comme, une sphère, une boule de verre, un sulfure.
Vous verrez.