Terre, fraise
L’akène.
Aussi infime qu’un grain de pavot,
Voilà le monde,
Tout en lui me suffit,
Ses minuscules hémisphères,
Sa toute petite géographie,
La pulpe du fruit,
L’éther, chair
Agate-grenadine
D’un univers.
L’akène.
Aussi infime qu’un grain de pavot,
Voilà le monde,
Tout en lui me suffit,
Ses minuscules hémisphères,
Sa toute petite géographie,
La pulpe du fruit,
L’éther, chair
Agate-grenadine
D’un univers.
Beau buis, petites
Feuilles, oreilles de souris,
Pauvre buis brûlé,
Ton odeur amère
Se meurt, le jardin est un
Tombeau au cordeau.
La détente.
Tout le bestiaire, des muscles en vagues noires, la moire de la peau en sueur, il faut un animal fin, ocelot, pour soutenir la comparaison, un joueur-caracal, avec un nom d’amulette, je me surprends à tâter mon cou, rien n’y pend, plume de paon, dent de tigre, le parquet crisse, match de basket.
À pelles pleines,
Je n’ai pas la mémoire de la recette,
Dans la gueule du four,
Enfer d’une loco,
Du sel, de l’eau, cendre de chaux,
Du plomb, mines de crayon,
Cuisson
J’espère, un pain de verre.
Miettes de tessons.
Tu relèves le buste,
Tu relâches ta foulée,
Les derniers mètres, athlète,
Tu renonces à les vivre,
Loudspeaker,
Ta mort annoncée,
Tu rapetisses,
Avant la ligne d’arrivée,
Un corbillard
S’avance sur la cendrée,
Mais le choeur bookmaker
Des pleureuses
N’a pas parié sur toi,
Tu repars.
Au vestiaire,
Tes lauriers sont coupés.
Comme d’un rêve
Comme dans un rêve,
Un matin, je me lève,
Je soulève le rideau,
Et le futur est déjà à la fenêtre,
Le soleil, si proche, qu’il n’est plus, comme hier encore, ce petit trou de cigarette sur le ciel, il n’y a plus de ciel, juste une forge rouge, et les yeux fondent et crèvent.
Je laisse retomber le rideau, il brûle dans ma main.
Je ravale ma langue sentencieuse, qui cloque déjà sur « Le pire est toujours certain »