Lé de la tapisserie
Ingrain du papier,
Où le soleil se râpe,
Racine, wasabi
Ingrain du papier,
Où le soleil se râpe,
Racine, wasabi
Lumière de bougie
Sous la pluie qui fume, dans l’eau,
Brasille la lune
Je me lève, vois
Trois pans de pelure en
Triskell, l’Homme Orange
Crabe-Kraken, char-tigre,
Silencieux, effroyable,
Leur gueule, qui immole
À vue de nez
Quelqu’un dans le train
Pèle une orange, suivre
Du nez son sillage
Ostraca, paroles
Brisées du cognassier, feuilles
Trouées. Lacunaires
Élisabéthaine,
Chez le vétérinaire, une
Dame, son chien, sa fraise
Une petite pistache,
Qui marche avec une petite
Canne, Maître Yoda
L’écran-Télécran occupe son mur, comme un dieu-lare, sa niche.
Le son n’est pas coupé, un mince ombilic de conversations, de bavardage, des embardées de musique tonitruante, la publicité, l’oeil unique clignote de plus en plus vite, les images débitées, comme du jambon, chez le boucher, un kaléidoscope brutal, une mosaïque, comme l’aura d’une migraine, l’impression nauséeuse d’être dans une centrifugeuse.
Je monte le son, tout redevient normal, les images se concretionnent à l’arrière-plan sonore.
La télé est dans la maison, nounou, infirmière, poison violent, tout dépend de l’heure.
Des gens.
La télé est là, comme un parent importun, une maladie chronique, et honteuse.
Je regarde, captivée, ce diverticule, cette intrusion du dehors, ici.
Capitulation
Demain, dans le train.
Dans le sens inverse de la marche.
Le paysage s’éloignera de moi, mon regret.
Les arbres, les champs, aspirés dans le lointain.
L’allure folle du convoi
Tout s’étire en une pâte grise, miroitement des lames d’acier d’une peinture de Vieira da Silva
Le bourdonnement régulier des bogies, leur rythme cardiaque, et apaisant, le paysage, ses lignes de fuite, dans le regard d’un passager, qui ne fera pas semblant de dormir, oeil de sorcière d’un tableau flamand.
Je pourrais être
Gardianne de phare des forêts.
Mais je l’éteindrais