ce que vos yeux vairons

Mois : novembre, 2018

Orange clair

Impatience, je mords
Dans un kaki vert encore,
Morsure, astringence

Bris, abri

Au fond de ma poche,
Un oiseau, un nid, et son
Bézoard, plumes, cri

Décombres de kaki

Jpeg

Les découpes

Lame de titane, lisse.
Anthracite, sur la chair du
Kaki. Mon doigt, saigne

Éclosion

Jpeg

Fleur d’oiseau, la nuit,
Les nuages, blanc et suie, gris
Lauze, une plume, la lune

Camouflage

Orange, un kaki,
Orange, une orange, kaki,
Une rose en treillis

Oignon rouge

Soufre, du doigt à l’oeil
Mon oeil qui larmoie ne voit
Plus mon doigt qui tranche

Jeu d’orange

Panier de kakis
Un soleil de fruits se lève
Dans la cuisine

Dans les rues

Les jours se roulent en boule, novembre
J’aurais aimé connaître le geste de l’allumeur de réverbère
La traînée lente de sa poudre dans la nuit

Baptisterre

De tous les arbres qui poussaient chez nous.
Un mitage de vergers, dispersés à travers champs, entre les maisons.
Ils étaient, faites place, le roi passe, mirabellier suave, quetschier musqué, poirier.
Poirier rabougri, aux fruits durs et verts, insolite.
Un cerisier, que j’aimais, à son pied, un massif d’heuchères, couleur foie-de-veau, on passe ainsi du rosat le plus tendre, au plus sombre, lie-de-vin, le fond du jardin, un nuage, jus de joue rosée, jus d’orange sanguine, un coin de tableau doux, et son nuancier, résine, gelée-de-coings, vaporeux d’un Léonor Fini
De ces immeubles, tout a été vendu, la maison au cerisier, aussi.

Pousse ici, maintenant, un vieux mirabellier, résurgence du verger d’à côté, qui a passé la clôture, passager clandestin, qui porte peu, ou rien, il a ses papiers, depuis le temps.

Je n’en ai planté qu’un.
L’arbre à coings.
La terre, sigillée,
Sceau de ses racines, au bas du cartulaire
Je signe du pouce, encre brune et noire de l’humus