22/05/2019
Je sais que ce jour bleu de ciel, jaune de soleil,
Chaud de midi, et tièdes, les chants des oiseaux,
Je l’oublierai, si semblable aux autres jours,
Le buisson qui gonfle, il n’y a pas de vent,
Mais une pagaille d’ailes de merles, qui se relaient,
Au chevet des petits, qui criaillent, je devine
Leurs gosiers d’ogre, qui se tendent, et se dilatent
Il est midi pour eux aussi, mais je suis bête
Mon bêtomorphisme, la radio débite,
Informations sur les élections, la France a
Peur, de quoi, de rien, à cette heure, le soleil est
Haut, et les ombres petites, on meurt, et puis plus,
Les Dieux se grattent la tête, n’ont plus le dernier mot,
Le pain congelé, qui perd son corset de croûte,
J’aurais pu aller chez le boulanger, humer
La rue, comme un limier, l’odeur-madeleine de
La baguette qui fuit du vasistas, un carreau
Est cassé, j’irai demain, à l’heure du laitier,
Mais il n’y a plus de laitiers, pensées, qu’un vent
Intérieur pousse, en moi, nuage-de-riens-du-tout,
Le parquet craque, en songe, l’odeur de la cire
Et de la térébenthine, je m’ébroue, l’image
Appelle l’automne, et il fait si beau, ce jour