L’irruption
par marronbleu
Je lève la poussière sur les étagères de
La bibliothèque, chamboultou, quelque chose tombe
Ne dis pas le contraire, tu l’avais espéré
Je ne le nie pas. Forcer la main au destin
Quelque chose est un livre, le titre importe peu,
Ce qui compte, ou bien, conte, c’est sa voix d’outre-tombe
Les annotations si fines, micron de crayon, on
Les dirait écrites au cheveu, cheveu blond
D’Agnès, tombée du ciel de la bibliothèque
Je lis avidemment entre les lignes, le cours
De ta belle écriture, le passé pousse, tout neuf,
Des lettres enroulées, comme du liseron, sur
Une grille, une charmille du printemps.
Je repose le quelque chose sur le rayonnage,
Le penche sur la tranche, afin qu’il tombe bien,
Au prochain jour de ménage
Et ce « quelque chose », peut-être un livre, tombe entre nos mains et peut changer nos vies chaque fois que nous nettoyons la bibliothèque de notre mémoire.
Conservatoire de la mémoire, rien ne s’y oxyde, ou si peu, les visages amis, leur paysage, qui n’a pas pris une ride.