Nuage, queue de lotte

D’un limes, à l’autre, lisière de la forêt,
Grève-frontière du rivage, avant la mer.
Et tout ce vert contenu, entre ces deux pôles.
Jacadi a dit « arbre ». En esprit je dis
Mousse, sapin, tilleul, l’émeraude de l’eau,
L’océan, dont les vagues sombres cassent et moussent,
Dissolvent son indigo dans la tempête.
S’étire mon pays, territoire au grand écart,
Je rêve, un fil rouge vert les réunit, recolle
La morcelée, celle au réveil que je suis,
Orpheline, de l’une et de l’une, ni terre, ni mer.
La nuit est finie, et tout se recontracte
L’effort, visible
Cercles concentriques de
La sueur, j’ahane
La joie, la colère, en montagne à deux versants
Équilibre de l’ensemble, quand il est quiet
Mais le triangle, et un troisième élément,
De l’amour, et de toutes ses résultantes
Fléau d’une balance, entre deux plateaux
Ce que je suis, sombre, aussi. Un éclat noir,
L’intervalle, la lentille d’un phare, quand elle est dans
L’ombre. Sombre dans les flots, ce mauvais bateau en moi,
Ma part d’épave, dans les bas-fonds, enfin récif,
Nourrice des coraux, tenant dans leurs filets
Une lumière-sang, et le soleil sous l’eau
Que mon coeur fût au moins cet erg, désert certes,
Mais de dunes, vivantes, quand souffle le vent,
J’ai peur, l’anagramme me souffle « Tu es pierre »