ce que vos yeux vairons

Mois : Mai, 2019

22/05/2019

Je sais que ce jour bleu de ciel, jaune de soleil,
Chaud de midi, et tièdes, les chants des oiseaux,
Je l’oublierai, si semblable aux autres jours,
Le buisson qui gonfle, il n’y a pas de vent,
Mais une pagaille d’ailes de merles, qui se relaient,
Au chevet des petits, qui criaillent, je devine
Leurs gosiers d’ogre, qui se tendent, et se dilatent
Il est midi pour eux aussi, mais je suis bête
Mon bêtomorphisme, la radio débite,
Informations sur les élections, la France a
Peur, de quoi, de rien, à cette heure, le soleil est
Haut, et les ombres petites, on meurt, et puis plus,
Les Dieux se grattent la tête, n’ont plus le dernier mot,
Le pain congelé, qui perd son corset de croûte,
J’aurais pu aller chez le boulanger, humer
La rue, comme un limier, l’odeur-madeleine de
La baguette qui fuit du vasistas, un carreau
Est cassé, j’irai demain, à l’heure du laitier,
Mais il n’y a plus de laitiers, pensées, qu’un vent
Intérieur pousse, en moi, nuage-de-riens-du-tout,
Le parquet craque, en songe, l’odeur de la cire
Et de la térébenthine, je m’ébroue, l’image
Appelle l’automne, et il fait si beau, ce jour

Kardiak

Un jour, on se réveille, triste-moins, orphelin,
On se sent île déserte, vivre maintenant, sans
Recours apothicaire à la mélancolie

Ensemblier

Des années de lierre, de troncs, rongés par la mousse,
De clairs-obscurs, et de clairières, forêt, où pousse
Un jardin magique, l’architecte choisit
Ses éboulis, y élève sa fabrique,
Mirage de colonnettes, de cours d’eau sauvage,
La tige d’un fer à béton pousse du coffrage,

Alors, pour plus de
Vérité, la scène au
Montage couper

De quoi je me mêle

J’entre, dans l’eau, du tableau de John Lurie
Je sors ailleurs, un pas de côté
Le dessin a ici un goût vert, d’herbe, et d’ombre
Caboter, les cadres ouvrent leurs bras, sur des anses colorées
En revenir est facile, détourner le regard « ça ne te regarde pas » et tout s’efface.

Transfert de la matière

L’épine, un pépin
J’épépine, branche d’aubépine,
Mes doigts deviennent roses

Après tout

Avant tout, avant
Qu’elle ne fleurisse, la rose est
Un bâton d’épines

Dunes

Fléoles et fétuques
Le vent sur le pré, et son
Air, de bord de mer

Rock’n k roll

Collision de deux
Aimants. La science de plein fouet
Avec la fiction

Dissemblables

Tu me considères
Comme un extrême-orient
Définitivement, étrangère

Bruit

J’imprime une indienne
Au tampon, motif, après
Motif. Puis, un blanc