ce que vos yeux vairons

Mois : Mai, 2019

Veto

Ce chien, à la tête prise dans le plastique d’une collerette, comme une grosse marguerite.
Ne se lèche, ni n’aboie, il ne voit rien.
Je tâte ma tête, à la hâte, geste réflexe, en miroir.
Mes doigts ne rencontrent rien.
Rien qui ne se voit

Rupture du rythme

Sous le lé de papier, elle a poussé, minuscule, île volcanique, entre deux rangs de motifs, exactement juxtaposés.
La crever ? bulle d’air, rétablir la symétrie, comme on redresse un tableau qui penche, et donne le tournis.
L’ordre des choses.
Je la conserve, au secret de la tapisserie, infime Homme Vert, pour ce qu’au mur lisse, incongrue, elle continue d’intimer le relief.

Exoplanète

Soleil coruscant, mystérieux inchoatif celant mes goûts pacifiques, pascuan, Rapa Nui

Hobo

Les oiseaux vont pieds
Nus poussiéreux. Mais leurs ailes.
Mantel d’un roi

Prédisposition

Ziggourat, Babel
D’oiseaux, le haut marronnier,
Je n’y entends rien

Braille chéloïde

Le coeur bourrelé
En sutures épaisses,
Le remords. Relief

Équilibrer l’équation

Le cerisier, blanc,
Le pommier, rose, échange
De bons procédés

À mémoire de forme

« Big Joe » Portagee
Porte un jean, et quand je dors
« Big Joe » porte un djinn

Dénouement

Sous le pont du Corbeau
Coule l’Ill, l’élodée
Chevelure d’Ophélie

Le chignon

Disque de Nebra
Cheveux cuivrés enroulés
La tresse, vis sans fin