ce que vos yeux vairons

Unter den Linden

L’air n’en puit mais, charmant encore, avant,
Le sillage de l’arbre, maintenant, âcre,
L’orage est là, ondoie le tilleul de son chrême
Dans le fracas, dispersant son oliban suri,
Spores sorties de la poire vénéneuse d’une vesse,
Portées par le vent, et les fenêtres se ferment
Brusquement sur cet éther puant. Tous songent,
L’effroi, ce qui les enivre n’a plus pour nom encens

Répons

Attendre, à la mode de Jean-Baptiste Grenouille,
Roulé en boule, tel ces roses de Jéricho
Qui s’ouvriront à la rosée, le temps clément
Revenu, la boule de papier froissée se
Déplie, comme un film rembobiné, croissance
D’un mot, les autres, à foison, suivront,
La lettre s’évase, et grandit, vase
Au bouquet, les fleurs, et leur crépon

La neige, et juin

Jpeg

Standard-Island

Je fus sur une île, est-ce cela, une île,
Si encombrée, qu’il me vint vîlle, chose imprononcée,
Aux lèvres, les gens, les Jean, et Jeanne, et j’en
Fus une, l’île allait couler, il eût suffi
Pour cela, d’un Jean surnuméraire, d’un pied butant
Sur une pierre-bonde, et la baignoire de se vider
De son eau, et de ses hommes-mousse

Je fus sur une île si lourde de nous tous,
Que je l’entendis bêler, comme un mouton jeté
Dans un bain à déparasiter
.
Puis l’île se tut, rendue à son sort, vint son havre, la nuit,
Les Jean et Jeanne, repus d’elle, revenus au port, se sont endormis.
Je dors, bloom de la neige.