ce que vos yeux vairons

Jardin, miniature

Le bout du doigt, noir, Le nom de la rose, l’index
Au terreau, le gant se déchire, et les volutes
Apparaissent, en courbes de niveau, géologie
Du grain de la peau, j’essuie ce qui dépasse,
Ce qu’il en reste, en ombres chinoises,
Contours d’un mont
J’essuie encore,
Filet de fumée dans la brume
Je pique un brin d’herbe, débris de plantain
Le vent passe dans la branche de saule
Les mains dans l’eau de l’arrosoir, l’estampe se dilue
Mais sous l’ongle, en vernis fusain, le trait d’un repentir,
Au loin, qui sombre et s’efface, la colline, éboulis de karst

L’orage-nuage, Karagöz

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Des Knaben Wunderhorn

Revenu de l’île des morts à la Saint Silvère,
Le passeur convoie Lazare en son linceul,
Accoste sur la grève, au loin, l’église,
Sur son parvis se joue un miracle

Vol de nuit

L’heure intercalaire, petite protubérance,
Entre la première de la nuit, et la plus noire,
Le champ-baleine rejette son bézoard,
Jonas, entre la glaise, et le rêve, de la
Fente des paupières d’Ivan Ogareff,
Le regard, mystérieusement tatar, la vis
Sans fin du corps de pierre d’une ammonite,
Une pièce de monnaie, je frotte son fer,
Jusqu’à l’aube, jusqu’à l’or, dans le premier
Rayon du soleil, l’éclat d’une plume, Homa !
Je broie du noir sur la pierre à encre,
Pour toute tablature, les lignes de la main,
Mais, scribe endormie, la plume et le poème
Se désagrègent sous mes doigts