La baie

Le long du sentier
Duveteux, queues-de-lièvre
Et linaigrettes
La cale se laisse aller en pente douce sous
Les eaux, « Odin, Odin ! », incantations de la
Sorcière Kitala, la marée, à reculons,
Dévoile sous les algues les moellons du quai,
Le soleil, sur un mur de Ruine-de-Rome,
Délimite du bout de quatre rayons un rectangle,
Sable mouvant d’impressions filantes, queue d’une
Comète, les prémices, bourgeon d’un tableau
La roche nue et lisse du jour, monolithe
Dur, qu’effrite la ponce de la nuit, passe
Le marchand de sable, tout se brigadoonise
Galerie de la goutte de lait dans le bol
De café. Ainsi, du jour, jusque dans la nuit
Faire main basse, et légère, dextérité du
Pickpocket, je l’observe à la dérobée,
Se faire la main sur le vent, sur cette heure de
La nuit, Attention fragile, pluie de baguettes de
Verre, le ciel, et sa prairie, où vaguent les comètes
Île, île, j’appelle sur toi l’hiver, la jachère,
Pauvre, foulée aux pieds, la foule, je suis aussi
La foule, mérule qui se répand. Fonds, fonds-toi
Dans la brume, nous nous souviendrons à peine que tu
Auras existé.