ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2019

Déméter

Décrocher les nuages, Zao Wou-Ki
Fermer les recueils, poésie
Prendre soin de leur beauté
Devenir jardinier de la parcelle, coeur carré,
Musée des Hommes, sous leur sein, celé

METAROLOGIQUE

Clouer, un petit cadre de bois,
Dans un journal, la découpe d’un cerf-volant de papier,
Faire les poches à une porte, s’emparer de la clef,
Vous voilà flanqué, Franklin B., de ce qui se doit,
Attendre, ronger son frein, et ses doigts
L’orage est là, le prendre sous votre houlette
Devenir le berger d’un troupeau de mamma

Art und Weise

J’aurais aimé trouver d’elle, des lettres d’amour,
Ma grand-mère, qui devait être douce, avec les morts,
Dont elle faisait la toilette. Ses gâteaux en forme
De nattes brunes étaient bons, le poème indique
Ici, comme ses baisers, mais je ne sais pas trop,
Les gestes délicats, sûrement, l’intimité, le marbre des défunts.
La faim des vivants, à combler. Elle ne nous a pas aimés mièvrement

Vie domestique

Écouter une déploration,
Sur la mort d’Ockeghem,
En fermant les volets,
Mais les volets sont déjà clos,
Les voix qui bourdonnent, sont celles des mouches,
La voûte basse de la cuisine, et dans leur nef,
Une assiette de fruits, qui fripent.
Il fait chaud, les larmes sèchent vite,
Poudre, les sanglots, attendre la pluie

Simple comme bonjour

L’expression terrible, « À contrecoeur »,
Je contre mon coeur, folle, le tue, et je meurs,

Les mal élevés

Partout, désormais, des choeurs en kit,
Qui se lamentent, leur gimmick trémolé,
« L’homme court à sa perte », et la Terre,
Et ses soupirs, son rêve de jachère,
Qui nous porte en croix, nous,
Le sel sur ses plaies

Les pleurs

La chaleur. Fondent-ils plus encore, les visages
À la cire, des figures qui ont déjà tout à
L’envers, on ne sait rien du coeur, que sait-on, sûr,
De la peinture qui coule sur les tableaux,
Francis Bacon

Adamantin, c’est enfantin

L’orpiment aux orties, la formule est jolie,
Pour ce qu’elle recèle de jaune, de vert,
Une fleur, et feuilles de pissenlit,
Broder ainsi, à l’infini,
Éviter la ligne droite, le droit au but,
Comment dit-on tout le reste,
Le chirurgical du « J’ai mal »

Le naufrageur

J’ai perdu quelque chose, et je songe à
Ces rivages jamais atteints, quand vient la fin
De la nuit, ces îles qui se dérobent, à
Mesure que l’on avance, mirage noir
Qui perd, la chamade au coeur, le dormeur errant

Langue

Sa brûlure, écrire au sang de l’oiseau-piment,
Se laisser toucher, le long bec est une aiguille,
Stylo-plume, est-ce un colibri, qui du nectar
D’un oiseau-de-paradis, poinçonne mon pouce,
Sa petite quenouille, si douce, y coud
Le tatouage-braille d’une poésie