ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2019

Ouroboros

Sur l’étang, lentement pris par la glace
Là, la Petite Voix me dit « La phrase n’est pas à sa place »
Mais l’été n’est que parole de calendrier
Alors, de sa surface, qui s’opacifie,
Je racle la croûte, mon ongle rabote des scrolls de givre,
Dentelle de taille-crayon, et tout fond.
La Petite Voix sourit, « Soleil » dit-elle
Je me mords le pouce, et le serpent la queue

Tympan, Conques

Je suis du regard, le renard errant
Dans la neige, d’Okokou, ses pas noirs, et
Son cou, tourné vers qui, semblable à une esse,
Hale jusqu’en lui, le curieux, qui le contemple

Nuage, turbidité

Jpeg

« Et nul n’est intrigué de leur absence »

L’odeur d’un mot, assemblé à un autre,
Ce que vous ne dites plus, le mouchoir d’où s’éventent,
Vertes, les herbes du jardin, couleur acide
Du filet de voix de l’oiselet qui éclot,
Un morceau de coquille bleutée comme une veine
Tombe, et se fiche dans le coeur d’un souci

Moucharabieh, comme un taxaudier

Jpeg

Esprit de l’escalier

Les bulbes d’amaryllis, rouillés, il faut
Imaginer, leurs hampes hivernales, rayon
Vert dressé, sur les fleurs, la fleur des cristaux blancs
De la neige, qui, depuis la vitre embuée,
Superposent leurs reflets, brouillent les teintes
Au blanc d’Espagne
, revenir au poème,
Un soir, de décembre ou de janvier, se
Souvenir, devant la plante éclose, d’un été
Éteint, me souvenir, de me réjouir du sien

Le premier

Il y a quelqu’un, dans la cuisine. Il n’y a
Personne. Mais une puissante odeur d’aisselles
Doucereuse, pas de celle, rance, et aigre, d’un dos
Qui aurait travaillé. Ça sent le soleil,
Bien lavé. Il y a, un melon fendu.

Couronne d’épines

En bordure d’hermine verte, aux pattes blanches,
Les griffes d’un buisson d’acanthes, le long du
Mur. Je pense au lupin sans défense. L’aimer

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Bonsoir, Prince Dakkar

Jpeg

Seufzen

Aux âmes, au Nord de l’Anaon, que remue
Le vent des prières des vivants, « Bist du bei mir »