Analogie

par marronbleu

Ce tantôt, au supermarché.
Outre y avoir fait mes courses,
J’ai marché
Illustrer mon propos

Déambulant entre les rayons,
Le filet feutré de la musique,
De ces musiques abstraites,
Qui captent le pas de l’acheteur,
Contraignant son rythme jusqu’à la lenteur,
Scansion d’un métronome qui expire,
J’ai été ravie, enlèvement des Sabines,
Ainsi que les autres clients
Puis soudain, changement dans le rythme,
L’endiablé succéda au soporifique,
Et le monde s’égailla,
Désordre dans la fourmilière

Assise
Je lis ce poème, dont la métrique me soulève
Je pense, aux roulements de tambours
Qui précèdent, puis ponctuent la montée
Du condamné à mort vers le gibet
Au mouvement hypnotique, sac et ressac, de la mer,
Les corps des danseurs, qui vaguent, comme autant d’algues,
Boléro de Ravel
Et ce poème, dont le sable des mots roule
Sous mes pieds, jusqu’à l’entrée dans l’eau,
Et m’entraîne, paisible, vers le large
Flotter