Harmattan

par marronbleu

Courir.
Il y a un point, après le verbe, qui lui coupe l’herbe sous les pieds, on court, immobile, quand on rêve

Le vent gonfle les fenêtres comme des voiles, le verre tremble et se déchire.
Ne pas laisser entrer la pluie
Je cours, sa vie est au dehors, qu’aurait-elle à faire ici
Quel parquet de bois sec à humecter
Quel tapis de laine roide à reboucler
Quelle plante solitaire, derrière la clôture de sa baie, à visiter d’une ondée légère
Quel, quel, quelle, la course contre les montres du vent et de la pluie, réunis
Tout ce que le monde compte de transparent coule ici, rideau de l’eau, pluie de gouttes de vitre en morceaux
À mes pieds, leur ruisseau est tiède
La température exacte de l’été

Avant la fin d’août, ne rien obturer
Observer, par les jours de pierre brodés dans les murs, le ciel