ce que vos yeux vairons

Mois : juillet, 2019

Fleur de camomille

Son coeur, coussin de
Couturière, une abeille et
Son aiguille se posent

Spirale

Une pierre plate, sur l’eau
Noyau d’un cercle, qui se
Duplique, et se brise

Deux silex

Remonte, jusqu’à la
Racine du conte, juste
Avant l’étincelle

Art roman

Porte cintrée du
Logis d’une souris de
Dessin animé

Écran

Jpeg

Teinturerie

Sur le front, que cire la sueur,
un frison noir en accroche-coeur,
Gomina de la chaleur, Joséphine Baker,
Portrait d’une jeune fille, par Petrus Christus,
Regarde la goutte qui sourd, et suspend sa chute,
À la naissance des cheveux

Par la porte ouverte sur le large de la rue,
Des jets de vapeur, évents de baleine, et panache
De la brume, la dame du pressing, qui repasse,
Repousse vers son bandeau lisse,
Une mèche, et sa boucle moite

Poème pour marche, et contre-marche

Je varie, d’ombrelle, à parapluie,
De gnossienne en gymnopédie
D’abris étanches, aux ciels les plus poreux,
Je suis pendule, mon coeur, ce long balancier
De laiton, dont le poids remonte, peu à peu
Jusqu’à

De loin, de près

Une brume, entre les longues plates-bandes
Des blés, aplats de poussière jaune, uniformes, les épis,
Une bruine rouge et lin, bleuets, et coquelicots, pétéchies

La cage

La toile se fend
Béance du tableau, les
Oiseaux s’en effacent

Poème, et ses envers

Un fruit sec, et son écureuil
Gringolent vers la cime de l’arbre,
Qui est sur le point de croître

Je rêve.

Qu’il en soit ainsi pour moi
Je reviens sur des pas,
Petits cailloux de pain noir,
Pas japonais, on dirait (les enfants parlent ainsi)
Jardin, et la clôture de mon histoire,
Ces instants, qui ne sont pas encore,
Mais la bornent déjà,
Ces arpents secs,
Fertiles, et vierges,
Briques de broc de fondation,
Celles que je suis tour-à-tour-tout-à-la-fois,
L’histoire est plastique, se décompose
Le retour en arrière la régénère,
La redéfinit
Re, re, le préfixe-effraie, oiseau de nuit,
Vais-je marcher exactement
Sur les mêmes pas japonais,
Franchir la membrane mince du récit
Aujourd’hier, et science-fiction,
Bégayer, sans trêve,
Ânonner la même chose,
Point d’interrogation

Le ci-dessus poème, incolore,
Et sa lumière, bue,
Ce qui en émane,
La poussière le ternit,
Un tableau, dont le vernis
Assombri ensevelit les traits
Je voudrais le secouer,
Le retourner, ainsi qu’un matelas
Mettre au jour,
Les ors de sa face Été
Jaune, et ciel. Bleu, et blés,
Un jardin, Majorelle
L’adret, et le rêve