Ciel eau de Javel

Tombée de la nuit
Tombée de la pluie, leur baume
L’un noir, l’autre clair
Nous, poux, fous, pauvres
Hommes, sur le dos d’une bête,
La Terre, qui s’ébroue
Comment ronronne un
Oiseau, demander au chat
Et qui traduira
Son bec télégraphie sur le bout de mon doigt
« Tu n’as pas de plumes »
Je suis d’ailes, nue
La main qui nourrit
N’apprend pas à l’oiseau à
Voler, la main
Attend de l’oiseau
Qu’elle lui apprenne à voler
Elle le lui pépie
Goutte d’eau roulant
De la tige au coton, le bec
La crève, avide
L’air chaud gondole les images de la rue,
Qui s’articulent, comme les panneaux d’un paravent
Un oiseau, époumoné, son cri, le silence, motif répété, da capo,
Je pense aux plis du corps d’un accordéon, aux plaquettes
D’un éventail, qui s’ouvre, et de referme brusquement, impuissant,
Une voiture fend l’impression, comme le vent dissiperait les spires d’une fumée qui monte, l’ouvre ainsi qu’un fruit mûr, une grenade, des crevures de laquelle les grains roulent, emportant avec eux le mirage, dans un bruit de bête mugissante, que la climatisation enroue
Au loin, la teinte du son de la cloche qui se fêle
Gris, sur gris, l’oiseau, le pavé
L’oiseau, tombé sur le pavé
Tremblants, ma main qui se tend, lui, il halète
Saunier, je cueille une fleur bise, pistil jaune de son bec
Devenir jardinier