Sillons
Le front de l’homme est
Un champ, sur lui, le reflet
Craquelé du blé
Le front de l’homme est
Un champ, sur lui, le reflet
Craquelé du blé
En été, chaud, froid
En hiver, isotherme,
La misère, l’homme nu
Écrit sur un rouleau de cuivre, une feuille d’érable, martelée
Les marques d’un petit bec, poinçons d’un pinson, à déchiffrer
Je ramasse la feuille, lobée, y voir le patron,
L’empreinte de la patte d’un oiseau,
Je passe mon doigt sur le rouleau de cire d’un phono,
Du bout du petit tube, comme au travers d’un bouchon de coton,
Gravées, les deux syllabes d’une note, leur piccolo, étouffé
Fabriquer une anche
Un peigne, aux dents fines, un papier de soie
Mon frère subtilise une feuille de Rizla Croix dans le carnet de notre grand-père
Le dispositif vibre entre nos lèvres, nous bourdonnons comme des mouches, éclats de rire
Être le grain de
Sable d’un grain de sable,
Imperceptible
Faîte de la tour, l’homme
San Gimignano veille à
La beauté du monde
Force centrifuge, appliquée
Au poème, qui se désagrège,
Motlécules, des sons, qu’aucun
Sens s’articule plus entre eux
La vinaigrette est prête.
Je sors les feuilles de salade sèche de l’essoreuse.
Claire-voie des doigts
Devant le regard. Rougie,
La ligne de vie